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Chapitre II : Vérité à la sauce aigre-douce.
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Mi-Mai 1944. Fais ce qu'il te plaît.
‹‹ - Je suis enceinte; me couina t-elle alors que je prenais la carafe pour verser de l'eau fraîche dans nos verres. ››
__D'abord je n'y réagis pas. Puis la révélation fut frappante. La respiration difficile, la figure rouge et les yeux humides j'essayais tant bien que mal de la questionner malgrés mon bégayement et mes phrases presque inintelligillible de par ma bouche un tantinet pâteuse.
‹‹ - Tu es quoi ?; redemandais-je déboussolé reposant la carafe sur la petite table pour éviter qu'elle ne se brise au sol. ››
__Elle me jeta un regard remplis de supplications muettes et je tournais la tête gêné.
‹‹ - De qui ?; demandais-je presque brutalement. ››
__Elle parue effrayée par mon changement d'attitude mais je n'y fis guère attention et redemandais promptement de qui cet enfant provenait. Anne murmura alors quelque chose que je ne pus comprendre à la distance où je me trouvais. Je dus me rapprocher pour enfin l'entendre et en restais complètement paralysé. Je me surpris a en être presque dégoûté puis je chassais cette impression idiote.
‹‹ - D'un soldat allemand, d'un...; répétait-elle inlassablement comme une litanie sans fin. ››
__Je la laissais un instant patauger dans son malheur pour tourner en rond dans la pièce. Blessée par mon manque de tact, elle tenta de s'enfuir. Mais ses larmes troublaient sa vue et elle ne pus ouvrir la porte verrouillée. "Mon" Anne glissa au sol, la porte contre son dos. Je vins près d'elle et la berçait. Entre mes bras elle pleura tout son saoul et s'endormis. Alors je la portais à mon lit. Mais je ne pus me résoudre à rejoindre moi-même mes draps occupés. Je m'asseya sur un des rebords de fenêtre orné de coussins et fixais le ciel noir au dehors. Je dus m'assoupir car Anne me réveilla à l'aube. Je lui souris maladroitement, le dos courbaturé. J'arrivais très peu à cacher mes émotions et détestais de ne pouvoir me contrôler. Je lui pris d'une main tremblante le bras et la portais à mes genoux où elle s'y assis. J'avais parfaitement conscience que ce que j'allais déblatérer était à nouveau insensé et irréfléchis pour mon avenir mais je ne voulais pas gâcher celui d'Anne, mon amie, ma seule amie et celui de son bébé, de notre... Bébé.
‹‹ - Anne, je t'en conjures écoute moi bien. Ecoutes moi... Je-je, j'ai... Je serais le père de l'enfant.; Elle sembla vouloir répliquer mais je ne lui en laissait pas le temps. Nous annoncerons nos fiançailles à mes parents au déjeuner et la futur naissance d'un heureux évènement. M'as tu compris ? Anne, s'il te plaît. Je t'aime comme-comme... Comprends-tu ? Peut-être qu'avec le temps je...; ma voix fis un trémolo incertain; Tu sais bien que tu sera reniée si l'on apprends qui est le vrai... Père. Tu le sais parfaitement bien. ››
__Elle secoua la tête peu sûre de mes piètres arguments.
‹‹ - Anne, regarde moi. Dis-moi... Dis-moi. Est-ce qu'il t'as fait du mal. Qui est-il ? Réponds-moi. Anne... ››
__Les commissures de ses lèvres s'agitèrent nerveusement. Elle se raidis, les jointures de ses mains crispées sur mon chandail. Et elle devint gravement pâle. Je ne sus si elle m'entendis.
‹‹ - Anne, je t'en prie ne pleure pas. Je-je dois savoir. Je veut savoir ce que cet enfoiré t'as fait... ››
__Après qu'un silence pesant ce soit installé on toqua à ma chambre.
‹‹ - Edward ? Pourquoi la porte est fermée mon chéri ? Ouvres donc et descends le déjeuner est prêt; me fis la voix claironnante de ma mère. ››
__Ils devaient donc être rentrés tard dans la nuit. Puis peu à peu les pas s'éloignèrent. Anne s'était agitée dès que Louise était venue me sommer.
‹‹ - Anne ? ››
__Elle tourna son visage ovale vers moi mais ses yeux restaient obstinément fixés sur un point au dessus de ma tête à travers la fenêtre.
‹‹ - Il... Il... n'y est pas... allé de main... morte. Je ne voulais pas-pas; elle se retins de sangloter. Il, il y a quatres semaines quand mon père et ma mère étaient partis visiter ma tante malade, Berta. Alors que je cherchais des oeufs dans le poulailler au fond de la cour. Il se tenait sur le palier. Il devait soit disant parler avec mes parents pour annoncer une nouvelle lois érigée par... Hitler. Il a insisté et m'as obligée à le mener dans-dans le salon; je la sentie frémir. Nous avons attendu longtemps, mais ils ne revenaient pas. La voiture du soldat se trouvait arrêtée dans l'allée, un chauffeur, portant l'uniforme, au volant était en train de fumer une cigarette. Puis il-il a changé du tout au tout, il s'est approché et-et-et... m'as forcée... Sur le canapé; finit-elle dans un chuchotis ponctué de hoquets douloureux. ››
__Je la serrais plus fort contre moi. Furieux, je me mordis la langue jusqu'au sang et contenais ma rage.
__Lorsque nous apprîmes la "vérité" à mes parents et à ceux d'Anne ils en furent offusqués. A cette époque avoir des relations d'ordre sexuelles avant le mariage était plutôt mal vu. Et Anne était l'unique enfant des Bauderimb, leur petite princesse en quelque sorte. Ma mère et ma futur Belle-mère décrétairent dans "l'euphorie générale" une date de mariage fixée au 4 octobre 1944. Soit dans 5 mois environs.
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__Après m'être rappelé les causes de ma relation en réalité platonique avec Anne. J'entendis du bout de la maison ma mère nous appeler tous trois. Nous nous levâmes prestement et la rejoignirent.
__Christian, mon père âgé de 52 ans comme ma mère se tenait debout dans le vestibule en enfilant une veste de coton noire. Cet hommes aux cheveux d'une couleur poivre sel, nous attendaient Anne et moi pour nous emmener travailler. Il se gratta une fine moustache et fis mine de ronchonner sans pouvoir cacher un sourire emplis de fierté en nous fixant. Il s'imaginait bientôt Grand-père. Je le savais ! Et jamais je ne lui enlèverais ce bonheur en lui dévoilant cette vérité amère.
__J'avais donc réussis à convaincre Anne que devenir le père de l'enfant, l'épouser et essayer de l'aimer du mieux que je pourrais était la meilleure solution. Mais nous savions aussi bien l'un comme l'autre que ce ne serait pas si simple. J'étais encore puceau. Encore inculte dans un sens. Encore insouciant du plaisir charnelle. Car je ne m'étais jamais réellement intéressé aux filles comme aux garçons. Et Anne le savait pertinemment. C'était pour cela qu'elle était réticente à mon idée, elle ne comprenais pas que je veuille "gâcher" mon existence pour elle.
__Je courus embrasser ma mère et ma soeur en mangeant au passage la moitié d'un croissant au beurre et tendis l'autre morceau à ma futur... Femme. Mon père rouspeta de la cour et nous nous dépêchâmes de monter dans la Citröen à traction presque flambant neuve.